Marie Thérèse d’Autriche, la discrète épouse du roi Soleil

Marie Thérèse d'Autriche, la discrète épouse du roi Soleil

Marie-Thérèse d’Autriche est l’épouse de Louis XIV et porte le titre de reine de France et de Navarre. Loin de ses terres espagnoles, cette femme réputée timide, superstitieuse, ne s’intéressait guère à la chose politique préférant la compagnie de ses dames et jouer aux cartes. Elle fut surtout, véritablement amoureuse de son roi et dévouée à la cour de France.

Une enfance espagnole

Marie-Thérèse d’Autriche nait le 10 septembre 1638 au Palais de l’Escurial en Espagne. Elle est le huitième enfants du couple formé par Philippe IV et sa première épouse Elisabeth de France. Son frère, Charles II, sera roi d’Espagne. Sa mère meurt lorsqu’elle est à peine âgée de six ans et elle va se rapprocher de son père. Marie-Thérèse va recevoir une éducation inhérente à son rang et va s’épanouir entourée de ses nombreux animaux de compagnie et de sa nurse Luisa Magdalena de Jesus. La jeune demoiselle va grandir à l’ombre des palais royaux espagnols, dans une atmosphère privilégiée.

Une jeune femme discrète comme compagne du roi : Louise de La Vallière

Une place particulière

En 1646 son frère aîné décède, ce qui la place pendant un temps comme héritière du trône d’Espagne ce qui ne manque pas d’inquiéter son père pour qui l’absence d’un héritier masculin serait une bénédiction, même si Marie-Thérèse peut accéder au trône. C’est alors qu’en 1649, hanté par cette situation, il épouse en seconde noce sa nièce, Marie-Anne d’Autriche afin d’assurer la pérennité de la dynastie et la continuité de la monarchie. Marie-Thérèse, qui demeure encore l’unique héritière, va se voir prodiguer des enseignements adaptés à son statut dans des matières telles que l’histoire ou la politique. Ces enseignements lui seront très utiles, notamment lorsqu’elle assurera la régence au côté de Mazarin durant la guerre de Hollande. De plus, ses compétences  lui permettent également de représenter son père lors de déplacements officiels et rapidement la popularité de l’infante grandit et c’est tout un peuple qui s’éprend de la future héritière du royaume. Mais le destin est bien malicieux et le 12 juillet 1651, sa belle-mère et cousine, Marie-Anne d’Autriche, donne naissance à son premier enfant : la demi-soeur de Marie-Thérèse se prénomme Marguerite-Thérèse d’Autriche. Marie-Thérèse demeure l’héritière du trône d’Espagne. En 1657, le couple que forme son père et son épouse donne à la monarchie un héritier mâle en la personne de Philippe Prosper d’Autriche. Marie-Thérèse ne sera donc jamais reine d’Espagne.

Diadème
Diadème

Un mari pour Marie-Thérèse

Désormais évincée du trône d’Espagne, il convient de trouver un mari à la hauteur de la jeune femme. D’abord promise à son cousin, Ferdinand de Habsbourg, alors archiduc d’Autriche qui mourra prématurément, puis à son frère Léopold, elle fera savoir à son père que ces deux prétendants ne l’intéressent pas, car ce qu’elle souhaite c’est devenir reine de France, pays dont sa mère (Elisabeth de France) lui avait tant parlé. Le roi Philippe IV fait alors savoir à Jules Mazarin qu’une union entre sa fille et le futur Louis XIV serait parfaitement envisageable, puisque les deux puissances y voient l’occasion de la signature d’un traité de paix (le traité des Pyrénées). A la manœuvre, un homme ambitieux se place, il s’agit de Mazarin qui avait d’abord tout fait pour introduire sa nièce Marie Mancini, dans l’entourage du monarque. Bien entendu, le dessein du cardinal n’était nullement que sa nièce devienne reine de France, mais puisse accéder et donc lui, à un rang social élevé. Mais n’avait pas prévu que le futur roi soleil tombe éperdument amoureux de celle-ci et surtout, que cette dernière partage cet amour. Quoi qu’il en soit des sentiments des deux épris en 1660, alors âgée de 22 ans, Marie-Thérèse d’Autriche sera la prochaine reine de France, et comme le veut la tradition espagnole, elle quitte l’Espagne mariée, son acte de mariage est signé par procuration à Fontarabie. On transporte alors l’épouse sur l’île des faisans et c’est là que la désormais reine de France fait ses adieux à son père pour rejoindre son époux. Le mariage religieux a lieu le 9 juin 1660 en l’église Saint Jean Baptiste de Saint Jean de Luz. Le couple regagne Paris en août 1660 et la noblesse accueille avec enthousiasme cette reine venue de la péninsule ibérique.

Une descendance féconde

En 1661, la reine met au monde son premier enfant Louis de France, mais l’accouchement est difficile et l’on craint pour la mère tout autant que pour l’enfant. Heureusement, l’enfant et la mère se portent bien et le roi, qui a tenu à assister son épouse tout au long de son calvaire, est désormais soulagé. Louis XIV et Marie-Thérèse d’Autriche auront six enfants mais seul l’aîné survivra. Le roi, bien qu’épris de son épouse, commence à se lasser de celle-ci, et multiplie les aventures extra-conjugales, et aurait entretenu une liaison avec sa belle-sœur, alors veuve de Monsieur. Mais celle qui va aiguiser ses sens sera une jeune femme timide et discrète répondant au nom de Louise de La Vallière. La reine ne peut lutter contre l’appétit charnel de son époux. Louise et Louis XIV auront ensemble cinq enfants, qu’il légitimera tous. Puis, le roi se lasse de Louise et vint alors le temps de Madame de Montespan. Loin d’être aussi discrète que l’épouse légitime et l’ancienne favorite, Madame de Montespan a souhaité entrer dans la vie du roi et surtout y rester, par tous les moyens. Ensemble, ils auront huit enfants et selon ce qui s’apparente désormais à la tradition, ils seront tous légitimés par le roi. Mais encore une fois, le roi se lasse et les scandales qui touchent sa favorite y sont pour beaucoup. Entre dans la vie sentimentale du souverain, Madame de Maintenon qui avait jusque-là eu la charge des enfants royaux. A la mort de la reine, le roi l’épouse secrètement.

Une favorite qui murmure à l’oreille du roi soleil : Madame de Montespan

Le décès d’une reine

Marie-Thérèse d’Autriche s’éteint le 30 juillet 1683 à Versailles. Alors qu’elle revient d’une tournée bourguignonne en compagnie de son mari, elle se plaint de fièvre et garde le lit. Les médecins royaux sont dépêchés et un abcès situé sur son bras gauche semble être la cause de ses maux. Si son médecin s’oppose à toute signée, le médecin du roi quant à lui la préconise ; celle-ci sera donc pratiquée sur la désormais très faible, Marie-Thérèse. Mais loin de la guérir, son état se dégrade et les emplâtres humides et non stériles n’arrangent rien à son état. Bientôt, la souveraine demande l’extrême onction. Elle n’aura pas le temps de la recevoir et s’éteint. Le roi dira lorsqu’on lui apprendra le décès de son épouse « que c’est bien le premier chagrin qu’elle lui cause ».

Marie-Thérèse d’Autriche est morte comme elle a vécu, dans la discrétion et l’abnégation. Partie de son Espagne natale pour la cour de France, celle qui a eu tant de mal à s’acclimater à ce pays que sa mère aimait tant.

En résumé :

  1. Marie-Thérèse d’Autriche, une reine venue d’Espagne : Née en 1638 au Palais de l’Escurial, Marie-Thérèse d’Autriche était infante d’Espagne avant de devenir reine de France par son mariage avec Louis XIV, scellant ainsi la paix entre la France et l’Espagne via le traité des Pyrénées.
  2. Un mariage stratégique avec Louis XIV : Le mariage royal de 1660 avec le roi soleil fut avant tout une union diplomatique, bien qu’elle ait nourri de réels sentiments pour son époux. Elle devient ainsi reine de France et de Navarre, rôle qu’elle exercera avec retenue et loyauté.
  3. Une épouse fidèle et effacée : Peu impliquée dans la politique, la reine préférait la vie de cour, les jeux et la compagnie de ses dames. Elle fit preuve de discrétion royale, de dévouement conjugal et d’une piété sincère, contrastant fortement avec les maîtresses du roi.
  4. Une maternité douloureuse et une descendance fragile : Sur les six enfants nés de son union avec Louis XIV, seul le Grand Dauphin survécut. Marie-Thérèse supporta avec dignité les infidélités royales, notamment avec Louise de La Vallière et Madame de Montespan, figures emblématiques des favorites de la cour.
  5. Une mort discrète, à l’image de sa vie : Marie-Thérèse meurt en 1683 à Versailles, victime d’une infection mal soignée. Elle fut pleurée par Louis XIV qui dira : « C’est le premier chagrin qu’elle me cause ». Sa vie incarne la solitude des reines, partagées entre devoir dynastique et effacement personnel.

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