Parmi les souvenirs d’enfance, celui des comptines chantées par les « grands » sont autant de plaisir et de moments emprunts d’une nostalgie bienveillante.
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Le doux sommeil enfantin
On doit l’introduction des comptines ou berceuses, telles que nous les connaissons à une femme britannique du nom de Mary Cooper, qui a eu l’idée de transcrire dans la Grande-Bretagne du 18e siècle par écrit, ce que les mamans et les nurses chuchotaient au creux de l’oreille de leurs précieux chérubins. Le plus souvent, ces textes venus des 16e jusqu’au 18e siècle, décrivaient le plus souvent des ballades champêtres, des devinettes ou autre intérêt permettant de captiver l’attention des enfants.
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Un rôle important dans le développement cognitif
L’UNESCO souligné l’importance des comptines dans l’accompagnement du développement linguistique notamment des enfants, et en recommande l’usage dès la petite enfance, afin de permettre une stimulation de l’enfant. Ainsi, le rôle de la comptine racontée est important, mais celui de la comptine lue l’est d’autant plus, car les enfants fonctionnant par mimétisme, voir ses parents ouvrir un livre, le lire, associer l’histoire du soir à cet objet, est un vecteur vers la lecture, même s’il est inconscient et ne saurait être le seul. Il est à souligner également, qu’une comptine ânonnée est certes un bon début d’intéressement, mais rien de tel qu’un petit chant pour embarquer l’adhésion du jeune public (technique testée et approuvée, même si le chant n’était pas des plus justes dans mon cas).
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Un rôle initiatique majeur
Nombre de comptines sont dotées des qualités précédemment évoquées, mais s’il en est une cachée, c’est bien l’histoire, l’Histoire avec un grand H. Ainsi, nombre d’histoires racontent des événements passés, réels pour certains, dont le décor se situe dans les siècles passés. On peut évoquer Le bon roi Dagobert qui étourdit avait mis sa culotte à l’envers (un succès à chaque fois), ou encore Il était une bergère ou Ne pleure pas Jeannette qui sont empruntées à l’époque révolutionnaire, et tout ceci sans évoquer le fameux Au clair de la lune. En somme, même nos chers enfants sont dès leur plus jeune âge, comme nous l’étions, en « contact » avec l’histoire.
Ce qu’il faut retenir surtout, c’est que bien au-delà de l’aspect ludique ou instructif, les comptines sont un vecteur intergénérationnel et font du moment du coucher une bulle de tendresse et de douceur, absolument délectable !
En résumé :
- Origine historique des comptines pour enfants : Les comptines traditionnelles telles que nous les connaissons aujourd’hui trouvent leur origine au XVIIIᵉ siècle en Grande-Bretagne, grâce à Mary Cooper. Leur transcription a permis de préserver un héritage culturel oral, souvent inspiré de ballades anciennes, de devinettes ou de chansons populaires rurales. Ce patrimoine linguistique constitue une source précieuse de transmission entre générations.
- Stimulation du langage dès la petite enfance : L’UNESCO recommande l’usage précoce des comptines pour favoriser le développement du langage chez les enfants. L’écoute, la récitation et surtout le chant de berceuses activent la mémoire auditive, encouragent la conscience phonologique et stimulent la curiosité linguistique. Utilisées dans les routines du soir, elles soutiennent l’éveil cognitif et émotionnel.
- Renforcement du lien parent-enfant au coucher : Le rituel du coucher enrichi par les comptines constitue un moment-clé pour l’attachement affectif. Le fait de lire ou chanter une comptine contribue à la mise en place d’un cadre sécurisant pour le sommeil, tout en renforçant le lien affectif. Cette routine douce favorise la détente, l’endormissement et développe chez l’enfant une association positive avec le livre et la voix parentale.
- Transmission d’histoires et de culture : Nombre de comptines anciennes évoquent des événements historiques, souvent méconnus des enfants, comme dans Le bon roi Dagobert ou Ne pleure pas Jeannette. Ainsi, elles constituent un outil d’introduction à l’Histoire, permettant dès le plus jeune âge un contact ludique avec le passé, tout en cultivant l’imaginaire et la mémoire narrative.
- Un vecteur intergénérationnel précieux : Les comptines, bien plus que de simples divertissements, sont un outil de transmission intergénérationnelle. Elles permettent aux parents, grands-parents et éducateurs de partager un moment complice, mêlant émotions douces, souvenirs d’enfance et plaisir vocal. Ce rôle symbolique contribue à préserver un lien familial fort, tout en favorisant une éducation bienveillante
